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Symbolique. En bout de ligne. Si loin mais si proche à la fois. L’excitation d’une rencontre qui touche à sa fin. Mais quelle fin? Heureuse? Douloureuse? Rocambolesque? Si cruelle pour l’un, si salvatrice pour l’autre. La 90ème minute ressemble au sacre du roi, au couronnement du vainqueur, à la fin heureuse d’un téléfilm américain. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants qu’ils disaient. Et si personne n’arrivait à ses fins? Et si cette partie de jambes au sol ne nous donnait point de gagnant? Que vaudrait cette 90ème minute? « Je t’aime autant qu’un but à la 90ème minute… » Cette phrase, célèbre, philosophique et romantique nous prouve à quel point le football est important, à quel point le dénouement d’une partie est important, à quel point cette foutue 90ème minute est attendue, afin que la messe soit dite, afin que les brebis rentrent à la bergerie, avec la fierté du devoir accompli.

Cette 90ème minute que tu prépares pendant une heure et demi, à base de jeu au sol, d’appui-soutien, de déviations, de passes en profondeur dans la course de ton partenaire, dans un timing parfait, afin de le mettre dans les meilleures conditions. Une heure et demi de combat, de duels, de lutte acharnée face à un adversaire motivé par l’envie de te terrasser, techniquement, tactiquement et physiquement. Et tu es là, à jouer, courir, penser, dévier, à l’instinct, ou en accord avec tes partenaires, selon les consignes du maître, l’entraîneur. Tout le monde a en tête cette 90ème minute, celle ou tout peut chavirer, du côté obscur comme dans une ferveur indescriptible. Cette 90ème minute qui permet à ton équipe d’arracher, sur une dernière action rondement menée, au forceps, une prolongation méritée, ou non. La 90 qui peut aussi anéantir tous tes espoirs, ceux de tes coéquipiers, de tout un peuple, de toute une génération… Et l’entraîneur, sur le bord du terrain, près de sa guitoune, qui pense et repense à ce qu’il pourrait apporter à ses troupes, ses changements, ses consignes, son destin, ses envies.

C’est long 90 minutes, mais que c’est court parfois. Alors t’essayes de gagner du temps aux abords de cette 90, de repousser l’adversaire telle une armée face à l’envahisseur, de dégager le ballon le plus loin possible de tes buts… Plus le missile adverse est loin de ta cible, mieux c’est, à la 90ème. Les remplaçants sont debout, près du banc, et n’attendent qu’une chose: courir, courir à toute vitesse pour fêter la victoire. Ils n’ont pas couru du match et n’ont jamais été aussi en forme, leurs jambes tremblent, ils ne tiennent plus en place… La 90ème approche, elle se fait clairement désirer, comme on attend l’été, les vacances, la plage, afin de relâcher la pression, l’angoisse, l’attente insoutenable… La 90ème c’est aussi les tribunes, les gradins, les supporters et tout un peuple. Les visages serrés, tout sourire, ou en larmes. Un peuple en liesse ou un peuple inconsolable. Cette 90ème minute peut tout changer, et chacun d’entre nous le sait, le craint, et l’imagine… 90 minutes, c’est long, court ou un peu les deux à la fois, mais la 90ème, elle, te fais basculer, à tout jamais, en quelques secondes…

Piazzo,

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