L’équipe de France est championne du monde. Deux étoiles viennent à présent orner le haut du maillot tricolore en cette belle année 2018. Un poids de plus au dessus de la tête du coq, qui a plutôt fière allure. Nous connaissons tous le système Deschamps, rodé, rigide et diaboliquement efficace. Comme dans bon nombre de situations, certains n’apprécient guère ce schéma de jeu, cette approche jugée certainement « trop timide, voire pragmatique ». C’est le cas de Jorge Valdano, qui ne fait pas parti de la même catégorie, et qui pense que l’effectif de notre Didier national pourrait avoir une ambition toute autre. Il a pu s’exprimer pour El Pais, en évoquant également le cas de Diego Simeone:

Différents styles défendus par des types différents qui donnent corps à leurs idées sur le terrain sans les confronter en salle de presse. Ils font bien. Renforcer ce qui est sien est légitime et Simeone l’a fait avant le match face au Betis en mentionnant l’équipe de France : « les équipes, depuis le mondial, interprètent qu’il y a une autre manière de jouer au nom de laquelle, dans le repli défensif, on grandit offensivement ». Moi je suis d’une autre école. Ce que je reproche à la France c’est, tout en ayant d’immenses joueurs, d’avoir gagné selon la loi du risque minimum. L’Atletico a battu le Betis, ce qui a renforcé Simeone parce que le résultat n’est pas affaire d’opinion. Mon goût personnel non plus. Ce qui me conduit à continuer à l’admirer, mais depuis le trottoir d’en face.

On comprend bien par-là, que le style de jeu de la sélection française n’est pas forcément du goût de l’ancien international argentin, lui qui prône le beau jeu, la possession, le romantisme, la créativité, qu’elle soit individuelle ou collective. Deux méthodes, deux écoles. Nous pouvons effectivement ne pas être emballé par ces principes, mais force est de constater que, lors du mondial en Russie, les choses se sont plutôt bien passées pour nos français. Et pour Deschamps, c’est le résultat qui prime, et il le revendique sans sourciller, car c’est ce qui le rend crédible. Thomas Tuchel, l’entraîneur allemand du Paris SG, a d’ailleurs tenu quelques propos vis-à-vis du sélectionneur des bleus dans Lequipe:

Le jeu de l’équipe de France lors du Mondial ? C’est différent. C’est un tournoi, sur une courte durée. Selon moi, il y a une forme de logique à évoluer de la sorte lors d’un tournoi que tout le monde veut gagner. (…) Surtout, j’ai un immense respect pour Deschamps. J’ai l’impression qu’il sait précisément, à chaque fois, ce qui doit être mis en place pour gagner. Il faut mettre Matuidi sur l’aile gauche ? D’accord, il met Matuidi sur l’aile gauche…

Le pragmatisme et l’altruisme de Didier Deschamps ne sont plus à prouver. Mais l’éternelle question de l’éthique et de la manière d’aborder une rencontre de football continue de faire lever les foules, entraînant avec elle des visions diamétralement opposées. Mais que l’on soit sur le trottoir de Valdano ou celui de Deschamps, force est de constater que le football reste une discipline sans recette miracle, avec une multitude de compétences, d’approches et de principes de jeu. Et c’est tout ce qui fait son charme. Pour notre plus grand bonheur. Peut-être à nous d’apprendre à apprécier le contenu du contenant, quel qu’il soit…

Merci à Thibaud Leplat pour ses traductions de Jorge Valdano,

Piazzo,

Traduction de Thibaud Leplat

L’original d’El Pais

Crédit photo: Publico.es

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