En cette fin d’année, je suis allé à la rencontre d’un joueur pas vraiment comme les autres. Un joueur vite parti vers d’autres cieux, à la recherche du plaisir, de la découverte et du challenge. Un homme décidé à grandir loin de son confort, dans des contrées éloignées. Vous avez peut-être pu suivre ses dernières aventures sur les réseaux sociaux concernant son transfert et sa nouvelle étape de vie en Corée du Sud. Mathias Coureur a accepté de répondre, en toute décontraction et honnêteté, à cet entretien footballistico-aventurier. Rien que ça.

Mathias, peux-tu te présenter rapidement pour celles et ceux qui ne te connaissent pas.

Pour ceux qui ne me connaissent pas: Mathias Coureur, 30 ans, bientôt 31. Footballeur qui a pour hobby de découvrir d’autres cultures et qui aime rigoler. Ah oui, et qui est à la recherche d’une femme aussi, au calme.

Quand on regarde ton parcours, on peut parler d’un voyage footballistique atypique?

Oui quand on regarde mon parcours on peut parler d’un voyage footballistique atypique, mais on va dire que ce n’est pas voulu. Quand on regarde tout ça de l’extérieur, ça donne cette impression mais c’était pas voulu. Ce n’est pas la carrière que je voulais, à la base, mais au final c’est une carrière que je ne regrette pas. Je me suis pris au jeu du voyage, de connaître d’autres championnats, d’autres pays, d’autres cultures. Je me suis pris au jeu de ma propre carrière…

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Pourquoi ce départ à l’étranger? Et à quel moment?

A Nantes, ça ne s’est pas passé comme prévu, et pour être honnête, mon téléphone ne sonnait plus ! J’avais quelques propositions mais pas très intéressantes pour ce que je voulais. Donc à ce moment-là, tu te remets en question, tu te dis que tu n’as que ce que tu mérites… J’ai donc été m’entraîner en Espagne, et j’ai plu direct au coach. Il m’a proposé de signer et j’ai voulu tenter cette expérience (au FC Orihuela, D3 espagnole ndlr), pour me faire un nom ailleurs qu’en France, parce qu’ici on m’a un peu boycotté… Et aujourd’hui je ne regrette pas.

C’est à partir de ce moment précis que ta carrière a pu décoller?

Décoller je ne sais pas, mais j’ai été reconsidéré. J’ai eu des contacts avec des clubs de deuxième division et je jouais pour une équipe de D3 qui visait la montée. Et ça faisait plaisir de voir que le téléphone sonnait à nouveau et que l’on parle de toi en positif. J’ai repris goût au foot.

Après cette aventure espagnole, la Bulgarie. Pourquoi ce choix?

Le choix de la Bulgarie est très simple: je voulais jouer au meilleur niveau d’un pays. Le club qui me contacte (Cherno More Varna ndlr) me dit que l’objectif est d’être dans les premiers et de pourquoi pas accrocher une place européenne. Donc forcément, moi je me dis que c’est un beau projet. Au final, on réalise l’objectif en remportant la coupe de Bulgarie, c’est magnifique pour moi ! Je termine meilleur buteur, et même si ce n’est pas la presse française, on parle beaucoup de moi en Bulgarie. Encore plus considéré, un niveau au-dessus. C’était donc un beau projet, un bel objectif et je voulais qu’en Bulgarie, ils se rappellent de moi, de qui je suis. Et ça n’a pas loupé.

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Tu es resté deux saisons à Varna avant de revenir quelques mois plus tard au Gorna Oryahovitsa. C’est un pays et un championnat qui t’ont plu et marqué? Pourquoi ce passage au Dinamo Tbilissi (Géorgie) n’a pas fonctionné?

Cherno More c’est un club qui restera vraiment dans mon cœur, ça m’a vraiment plu. Je n’avais pas prévu de jouer pour un autre club bulgare, mais à Tbilissi ça s’est vraiment mal passé… Je pouvais revenir au Cherno More, mais j’avais un peu peur. Peur car j’étais parti et je voulais rester sur une bonne image. Le Lokomotiv Gorna, qui venait de D2, qui montait, cherchait à réaliser un transfert qui ferait parler. Et ça n’a pas loupé car ça a surpris tout le monde que j’accepte ce challenge. Mais on avait un accord avec le club: je les aide au maximum jusqu’au mercato hivernal et que si j’ai une bonne offre ailleurs je puisse partir. Quand je suis arrivé, l’équipe était dernière, et on a réussi à sortir de la zone de relégation. Donc moi j’ai rempli mon contrat, et j’étais meilleur buteur au club à ce moment-là.Ils ont respecté leur parole. J’ai vraiment apprécié ce club aussi. Différemment que Varna mais la Bulgarie restera gravée ouais…

En Géorgie, pour être honnête, le projet présenté était super intéressant: essayer d’accrocher les poules d’une coupe d’Europe. J’ai pas vraiment accroché avec l’entraîneur, avec sa façon de jouer, la manière dont j’étais utilisé, et il y avait des retards de paiements… Derrière nous n’avons pas réussi à nous qualifier, et à partir de là, ça commençait à dire que c’était de la faute des étrangers (recrutés pour atteindre les poules notamment, ndlr)… Du coup je suis parti sans attendre.

Qu’est-ce qui guide tes choix? Un football offensif, le discours, et le feeling avec le coach et/ou le président? 

Je suis quelqu’un qui aime quand l’équipe a le ballon, quand on me laisse une certaine liberté offensive. Parler avec le coach, savoir ce qu’il veut faire, c’est hyper important pour moi. Pour les pays, je regarde pas forcément ça en premier, par contre, aujourd’hui, je regarde aussi le contrat, car j’ai 30 ans, et le foot n’est pas éternel… J’ai pas gagné autant que Cristiano Ronaldo ou Messi quoi… Donc je regarde un peu ça aussi, forcément. Sans oublier le plaisir, et ça c’est très important !

Et le Kazakhstan dans tout ça? Que retiens-tu de cette expérience?

Dans chaque club où j’évolue, l’objectif est de laisser mon empreinte. Et je pense l’avoir laissée à Kaisar et dans le championnat kazakhe. Le public m’a apprécié et les objectifs ont été atteints: finir dans les six premiers la première saison, on termine sixième et finir cinquième la deuxième saison, on fini cinquième. J’ai terminé deux fois meilleur buteur du club et franchement, c’est super quoi.

Une nouvelle page va s’écrire en Corée du Sud* pour toi. Comment tu appréhendes cette aventure?

Je voulais vraiment découvrir la culture asiatique. Pour beaucoup, le Japon, la Chine ou la Corré, c’est la même chose. Mais pas du tout… Le championnat en Corée est certainement le meilleur en Asie, j’avais envie de ce nouveau défi, de tout casser avec ce nouveau club ! J’ai passé quatre jours sur place afin d’effectuer la visite médicale et signer mon contrat et j’ai été agréablement surpris, ça a l’air très intéressant, ça va changer, c’est un autre monde, on va voir ce que ça donne…

La langue n’est pas une barrière lors de chaque nouvelle étape?

Je vais faire plaisir à Marine Le Pen… J’essaye d’apprendre la langue, un minimum, de connaître quelques mots pour me faire comprendre. J’essaye de m’adapter et je pense être quelqu’un d’assez facile à vivre. Parfois t’es pas obligé de parler la langue pour rigoler ou échanger avec quelqu’un. Et bien sûr, en premier, j’apprends…les gros mots (rires).

Au delà du foot, ce n’est pas seulement le joueur qui grandit au rythme des escapades, mais également l’homme? 

Totalement, j’ai vécu dans des pays qui n’étaient pas vraiment riches, j’ai connu beaucoup de choses, beaucoup de personnes sur mon trajet dont certaines sont devenues des amis. Je n’étais pas dans mon confort, dans mon pays, donc on grandit forcément. Tu prends conscience des valeurs qui sont les tiennes. Tout ce qui est matériel n’est pas l’essentiel. J’essaye de profiter de ma famille dès que je la vois.

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On connaît ton intérêt pour le foot sudam, ça fait partie de tes envies pour le futur?

C’est mon grand regret dans ma carrière, j’aurais vraiment kiffé jouer en Amérique du Sud, mais je n’ai jamais vraiment eu de contact… Mais pourquoi pas hein, je me dis que ce n’est pas encore fini… Pourquoi pas, avec un peu de chance, avoir l’opportunité de jouer là-bas un jour… J’ai été voir la finale du championnat en Colombie et franchement ça donne envie de jouer là-bas ! J’ai des amis colombiens qui me disent que le football est spécial sur place. Je me passionne donc naturellement pour ce continent au niveau football. Si je n’ai pas l’occasion d’y jouer, ça ne sera pas grave, mais j’aurais quand même aimé…

On te voit actif sur les réseaux sociaux, notamment avec le teasing sur ton dernier transfert. C’est important pour toi de partager tout ça avec ceux qui te suivent?

Ouais c’est hyper important ! Quand j’étais petit, j’aurais vraiment aimé savoir comment ça se passait un transfert… Le pourquoi, le comment… Et puis honnêtement, ça m’amuse aussi de le faire. Et j’ai kiffé voir tous ces gens se prendre au jeu, certains ont même cherché les vols et tout c’était incroyable. Et puis bon, j’espère le refaire au prochain transfert, s’il y en a un autre…

Ce n’est pas trop dur de vivre et de jouer loin de sa famille, de ses proches, de son pays?

C’est très dur… Mais quand je vois la fierté que je donne à certains de mes amis, quand je vois que je peux aider ma famille, ça paraît tout de suite moins dur. Mais c’est sur que c’est compliqué…

Tu es fier du parcours qui est le tient aujourd’hui?

Comme je disais au début, ce n’est pas la carrière que j’attendais. Au final j’en suis heureux, mais en tant qu’éternel insatisfait, je pense que j’aurais pu faire mieux, viser plus haut. Mais je suis assez fier de moi, car beaucoup ne croyaient pas en moi. J’ai réussi à être une légende dans un club, j’ai été apprécié partout où je suis passé. J’ai encore des contacts avec certains, qui me demande de revenir.

Un retour en France, tu y penses un peu ou pas du tout?

Un retour en France n’est pas vraiment d’actualité, car je n’ai pas eu de contact. J’ai pas cherché à en avoir non plus. Forcément j’aurais aimé y réussir. Mais on va pas se mentir, même financièrement, je ne serais pas aussi bien que lors de mes dernières années.

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la saison qui arrive?

Réussir dans ma nouvelle conquête ! Et surtout la santé, pour ma famille et moi. Et plus de paix dans le monde, il ne faut pas penser qu’à soi. Je souhaite la santé à tout le monde, le bonheur, l’amour, car la vie est courte, on ne se rend pas compte… Faire ce que l’on aime, et le faire à fond.

Un grand merci à Mathias pour sa disponibilité afin de réaliser cet entretien. Nous auront certainement l’occasion de faire un point prochainement sur sa saison en Corée afin de suivre tout ça de plus près.

Bonnes fêtes de fin d’année à toutes et à tous,

Crédit photos: One Football / Sans Filtre & Footballski.

(*) Il n’est pas possible de donner le nom du club car ce dernier n’a toujours pas officialisé le transfert et ne veut pas que son nom apparaisse.

Piazzo,

 

 

 

 

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