C’est un beau roman, c’est une belle histoire […] Un cadeau de la providence, alors pourquoi penser au lendemain. Oui, Michel Fugain semblait inspiré, tout comme le Stade Rennais version 2018-2019. Une belle histoire en effet, celle d’un groupe uni, travailleur et talentueux. Une romance orchestrée depuis quelques mois par un jeune homme brillant, qui a su saisir la chance gracieusement offerte par le club dans lequel il évolue depuis plus de six ans. Un entraîneur au parcours progressif, respectant les étapes de formation les unes après les autres, sans vouloir enjamber ne serait-ce qu’une seconde l’une d’entre-elles. Le potentiel et le talent sont une chose, le travail et l’abnégation en sont une autre, et Julien Stéphan assis sur le banc de l’équipe professionnelle du club breton est tout sauf un hasard. Après s’être formé auprès des jeunes de l’académie plusieurs années durant, il est venu le temps pour lui, selon son président et les décisionnaires du club, de prendre son envol dans le monde professionnel. Une franche réussite et un joli clin d’œil pour celui qui vit le jour dans la capitale bretonne un beau matin de septembre 80. Ses débuts, dans la continuité du travail déjà accompli par Sabri Lamouchi, ont permis aux joueurs rennais de réaliser (même si celle-ci n’est pas encore terminée) une saison exceptionnelle, tant sur le plan sportif que sur le plan humain. Un groupe qui semble s’apprécier, sur et en dehors du terrain. Un entraîneur pointilleux, proche de ses joueurs, au mot toujours juste et au sourire ravageur. Régulièrement vanté pour son travail de préparation assidu, ce visage angélique ne laisse que peu de miettes à ses adversaires, avec notamment, une série de 14 matches sans défaites au Roazhon Park. Le début d’une grande aventure?

Lors de sa nomination, les propos à son égard furent élogieux: « Julien Stéphan est quelqu’un de très talentueux. C’est le père que je n’ai pas eu. Il m’a éduqué en tant qu’homme et en tant que footballeur. À mon arrivée, je ne supportais pas trop l’autorité entre guillemets. Mais quand Julien Stéphan me parlait, c’était différent. Je parvenais à me canaliser. Mais ce n’était pas un hasard non plus. Il dégage une certaine aisance quand il parle, c’est quelqu’un de direct. Il a une touche particulière et tout est précis dans ce qu’il fait. C’est pour ça aussi que je ne suis pas étonné par tout ce qui lui arrive. Moi, je m’y attendais. Souvent je me disais qu’il allait avoir sa chance un jour. Vous ne vous rendez pas compte à quel point il peut faire d’énormes choses » se réjouit Joris Gnagnon sur RMC Sport, parti à l’été 2018 du côté de l’Espagne et du FC Séville.

L’ancien éducateur du FC Dreux, de la Berrichonne de Châteauroux ou encore du FC Lorient, sait marquer les esprits de ses joueurs, notamment lors des causeries d’avant-matches, comme le confirme Benjamin Bourigeaud au journal L’Equipe: « A chaque causerie, il a cette personnalité qui fait qu’il te donne envie de jouer, de te surpasser. C’est comme avant Caen, il nous a fait un truc… Il prend un verre dans les mains et nous dit : « Ça, c’est votre dynamique, c’est un truc que vous avez, qui est précieux en ce moment. Et si vous balancez tout… » Et il balance le verre, comme ça, dans le vide. Le verre se brise. Là, il nous dit : « Voyez, si vous lâchez cette dynamique-là, vous pouvez tout casser, et aujourd’hui, on n’a pas le droit de casser ça, surtout après le match de jeudi qu’on vient de faire (en Ligue Europa). » Ça stimule. »

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Crédit photo: France Bleu

Victor Pelleray, ancien pensionnaire du club breton avec la réserve en N2, et qui évolue aujourd’hui du coté de Blois (N2), nous livre son avis sur l’approche du coach Stéphan chez La Nouvelle République: « C’est un excellent formateur. Il m’a beaucoup apporté, car il sait tenir un discours très persuasif. C’est clair, il a bonifié l’équipe. Déjà, sa vision du foot, c’est de produire du beau jeu quand on rentre sur le terrain. Dans la semaine, il propose des séances vraiment très variées et je peux vous dire que tous les joueurs adhèrent. J’étais impressionné car, déjà en N2, il connaissait tout du jeu de l’adversaire. Il avait une analyse et une observation très justes qui se vérifiaient dans le match. D’ailleurs, il y a un an, entre janvier et mai, on avait marqué vingt-quatre points en quinze matchs et son mérite était très grand dans cette belle série. »

Ces différents témoignages permettent de comprendre l’engouement et l’attente autour de Julien Stéphan, et du travail accompli avec son staff depuis sa prise de fonction le 3 décembre dernier. Une qualification historique en huitième de finale de coupe d’Europe, après la victoire finale en phase de poule face à Astana (2-0) route de Lorient sur un doublé de l’insaisissable Ismaïla Sarr. S’en suit une double opposition majestueuse face au Betis de Quique Sétien (3-3, 3-1) ainsi qu’une affiche de rêve face aux gunners d’Unai Emery (3-1, 0-3), qui auront donné des ailes et beaucoup d’émotions aux suiveurs et passionnés du club breton. Plus de 2500 supporters à Séville et près de 6000 à Londres. Un engouement hors du commun, pour une région qui vit le football cette saison plutôt que le subir. Et comme dirait l’autre, c’est mérité. La bande de captain’ André se permet même de rejoindre le Paris Saint Germain en finale de coupe de France après un match abouti au Parc OL face à l’Olympique Lyonnais. Une quatrième finale en dix ans, au stade de France. Cette performance mérite d’être soulignée, peu importe l’issue de chacune d’entre elle.

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Crédit photo: Ouest-France

Transformations individuelles et collectives

Julien Stéphan n’a pas perdu de temps dans sa quête du bonheur quotidien. Sur le rectangle vert, son équipe semble libérée, consciente de ses forces et de la structure à adopter en fonction de l’adversaire. Une analyse poussée et mûrement réfléchie. Défensivement, l’équipe s’avère être plus disciplinée et ordonnée. Offensivement, chaque individualité est mise au sens du collectif, sans occulter la liberté, la spontanéité et la prise de risque individuelle. Le coach rennais s’appuie sur les qualités de ses troupes et tente de gommer leurs lacunes en inculquant une rigueur et une confiance collective travaillée. Tout un cheminement qui porte aujourd’hui ses fruits. La transformation d’Mbaye Niang en est le parfait exemple, lui qui revit depuis le début de l’année avec huit buts au compteur et une attitude inassimilable à celle du début de l’exercice. Hatem Ben Arfa semble être compris, libéré d’un poids, celui d’être enfermé dans un schéma précis, sans création ni émancipation. Un collectif sur de ses forces et conscient de devoir appuyer sur certains principes de jeu pour pouvoir être efficace, devant comme derrière. Julien Stéphan est apprécié au sein du club, auprès de son vestiaire, mais aussi des supporters, pour qui il voue une grande admiration, et ne se prive pas de le dire en conférence de presse. Une proximité dans les mots, dans l’approche, qui plaît indéniablement.

Le Stade Rennais entame cette dernière ligne droite avec enthousiasme, énergie et espoir, afin d’amener encore un peu plus loin les gens qui le suivent sur tous les chemins. Les bretons n’attendent qu’une chose, que dis-je, deux même: un trophée qui fuit le club depuis 1971, et un retour en coupe d’Europe. Car qu’est-ce que c’était bon…

Piazzo,

 

 

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