Nouveau billet chez La Vista, avec cette fois-ci, un sujet intéressant et qui pose question pour beaucoup: peut-on aimer, supporter et suivre plusieurs équipes? Sans, bien évidemment, se faire traiter gratuitement de footix ou autres mots lancés péjorativement. Je vais parler de mon cas personnel ici, sans chercher à comparer avec qui que ce soit, car chaque situation est différente et les ressentis peuvent évidemment varier. Alors, supporter deux équipes de foot est-il possible? Est-ce un choix ou une évidence? Quelle approche avec ces équipes? Je vais tenter de répondre le plus précisément possible à ces interrogations.

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Estadio Rennais Futbol Clube. Crédit photo: deux-zero.com

Le Stade Rennais: le cœur, le quotidien, la région. 

Quand on parle de supporters, la première pensée vient immédiatement sur le chemin du local, de l’équipe près de chez soit, du club qui fait battre le cœur de la région, de notre ville. Pour certains, il est même impossible d’échapper au devoir de supportérisme du club qui partage notre quotidien, notre vie de tous les jours et qui rayonne localement. Je partage cet avis, sans pour autant tomber dans l’extrême. Dans mon cas, j’habite près de Rennes et supporte donc naturellement les rouges et noirs, depuis tout petit. Le Stade Rennais est le club de ma région, de ma ville, de ma vie. C’est le club qui TE choisi, celui avec lequel tu vis au quotidien, qui change tes humeurs, à qui tu es viscéralement attaché. C’est plus que passionnel, c’est une fierté de supporter le club de chez toi, d’être au cœur du football local avec un club qui joue en première division. Je suis un supporter assidu, enfin je le conçois comme ça, et je suis abonné au Roazhon Celtic Kop cette saison avec des amis. Le stade, les jours de match, est un endroit très particulier, familier, où nous nous retrouvons tous avec un bonheur et une fierté inégalable. C’est ancré en nous, c’est notre famille, notre sang. Je me lève le matin, je pense au SRFC, je me couche le soir, c’est la même musique. Cela fait partie de notre vie, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Jusqu’ici, vous me direz, c’est normal, tout va bien dans le meilleur des mondes, rien de surprenant. Sauf que, à côté de cet idylle local, une autre histoire d’amour a rapidement pointé le bout de son nez…

Rondeau

L’internazionale, comme une évidence

Remontons, si vous me le permettez, à l’âge d’or de l’enfance. Une époque qui semble lointaine et si proche à la fois. L’insouciance en ligne de mire. Le football comme passe-temps, comme passion, comme amour. Le Stade Rennais est présent, depuis toujours, mais cet enfant grandi et s’intéresse aussi au football en général, aux grandes équipes, forcément, à ce qui se passe sur la scène nationale et continentale. A cette époque, le collège rythme mes journées, la sixième, nouvel environnement, nouvelles baskets et veste Nike pour faire comme les grands. Et une attirance particulière pour une équipe, pour certains joueurs, pour un blason et des couleurs. L’Inter décide, sans permission aucune, d’entrer dans ma vie, mon cercle, ma bulle. C’est le club qui, quand tu es gamin, te fait rêver. Qui semble être très loin, très haut, trop haut. Dans un monde parallèle, presque. Un club qui t’attire par les joueurs qui y évoluent, le stade, l’histoire, le maillot. Tu es comme aimanté car elle est belle, grande, élégante et charismatique, alors tu tombes amoureux. Un amour différent. Tu vis et aimes le football avec ton club de toujours, de ta vie, le Stade Rennais. Et tu rêves le football avec un club qui te donne envie de t’envoler vers les sommets, avec cet esprit enfantin qui t’anime. J’aime ces deux clubs, mais différemment. Rennes, c’est passionnel, c’est la famille, c’est ma vie. L’Inter, c’est cette jolie fille croisée au détour d’un chemin, qui t’emmène avec elle et ne te lâche plus jamais. Je resterai toujours ce petit garçon avec l’Inter. Je me permet d’utiliser une expression qui m’a été rapportée récemment sur Twitter d’un rennais fan de la Roma, @CroustiBatigol: « J’ai coutume de dire que le Stade c’est la famille et que la Roma c’est mon meilleur pote. » On peut le voir comme ça, tout dépend de la conception de chacun. 

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Vieri, Martins, Recoba. Inter romantique. Crédit photo: Stile Inter.

Au delà de l’aspect de mondialisation, le football et ses « grands clubs » attirent. Leur histoire regorge de titres, d’exploits, de parcours au goût de rêve et de démesure, surtout pour les enfants, qui découvrent et commencent à déchiffrer les codes du ballon rond. Ce qui serait intéressant à savoir, c’est l’âge auquel les personnes concernées se sont rattaché au club visé. Est-ce du à l’enfance, l’adolescence, ou bien plus tard encore? Par quel(s) moyen(s), internet, télé, expérience de vie, transmission? L’offre actuelle des médias peut effectivement accentuer ce phénomène, comme semble le penser Pierre Rondeau, expert en économie du sport.

Les divergences d’opinions peuvent se jouer aussi sur l’utilisation des mots. Supporter, suivre, apprécier, aimer, côtoyer, s’intéresser, observer, s’abandonner à… Les expressions utilisées se comptent à la pelle. Moi-même suis-je un peu perdu dans le terme que je dois utiliser pour ces deux équipes. Supporter rennais certes, mais supporter de l’Inter, je ne pense pas. Amoureux, oui. C’est subtil, délicat. Un supporter s’implique, va au stade, vis au quotidien près de son équipe. Etre fan d’une équipe étrangère, c’est la suivre à distance, et profiter de quelques moments privilégiés pour lui rendre visite. C’est cette sophistication qui me permet de vous dire que les deux sont compatibles.

Le football est international, multiculturel, joué dans chaque pays de ce globe, avec des histoires plus belles, plus cruelles, les unes que les autres. Le football est un mode de vie, une passion, un amour inconditionnel. Chaque personne, chaque supporter vit au rythme des compétitions, des événements et des parcours divers et variés. Certains n’ont qu’un seul amour, et lui jure fidélité jusqu’à la mort. D’autres préfèrent ne pas choisir et vivre l’instant présent, en compagnie de tous, pour le plaisir. Le débat est bien évidement ouvert, et chaque avis compte dans la quête du suivi des clubs de cette planète. Le football est subtil, surprenant et authentique. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de suivre et d’épauler une équipe. Et ce n’est pas plus mal. Pour l’amour du foot.

Piazzo,

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