Marcelo. El Loco pour certains. El Maestro pour d’autres. Un entraîneur controversé depuis la nuit des temps. Un homme fidèle à une méthodologie poussée à l’extrême, un perfectionnisme sans faille. Tout est mis en oeuvre, et souvent de manière révolutionnaire, chez le natif de Rosario pour mener à bien ses missions délicates. Au cœur du jeu, le ballon. Au cœur du projet Bielsa, l’émotion, le travail et la passion. À l’heure des jugements primaires et superficiels, basés régulièrement sur les lignes accumulées ou non sur le palmarès, Marcelo Bielsa n’en démord pas : le résultat est la conséquence d’un processus éthique, choisi dans la dignité et le respect de valeurs communes. Le bonheur est éphémère, le succès vu comme un camouflet. « Dans n’importe quel domaine, on peut gagner ou perdre, mais l’important est la noblesse des moyens utilisés, le cheminement, la dignité avec laquelle j’ai parcouru ce sentier dans la recherche de mon objectif.« 

« Le succès déforme, nous fait nous relâcher, trompe, nous conduit à nous énamourer excessivement de nous-même ; l’échec est le contraire, il est formateur, nous rend solides, nous rapproche de nos convictions, nous rend cohérents […] Le succès est une exception. Les êtres humains triomphent de temps à autre. Mais habituellement, ils progressent, combattent, s’efforcent et gagnent de temps à autre. Seulement de temps à autre. »

Le personnage est fidèle à une vision bien précise du métier d’entraîneur et de l’approche du football, vecteur de passion et d’émotions. L’ancien coach de Newell’s, Vélez, Bilbao ou encore Marseille, pour ne citer que ces équipes-là, laisse à chaque fois une trace indélébile de son passage. Des aventures passionnelles et remarquées, portés par un objectif identique peu importe l’endroit où il se trouve : rendre les gens heureux et fiers de leur équipe. Le football rayonne bien au-delà des terrains, les supporters étant placés sur un piédestal par l’argentin. Après avoir marqué les esprits du côté de son Argentine natale, en Espagne à Bilbao, avec la sélection chilienne ainsi que sur la Cannebière à Marseille, il s’est lancé à l’attaque d’un championnat extrêmement compliqué, dans un pays à priori difficile à apprivoiser avec ses méthodes immodérées. Leeds United, un club mythique en Angleterre, qui végète depuis 16 ans en Championship (avec en pime la League One). Un peuple du Yorkshire qui ne demandait qu’à retrouver le sourire et la gloire d’antan, de pouvoir goûter à nouveau aux belles et grandes affiches historiques de Premier League.

« Pourquoi on me surnomme El Loco ? Parce que certaines des réponses que je choisis ne correspondent pas à celles qui sont données communément. »

En ce vendredi 17 juillet 2020, leur vœu est exaucé, lors de la deuxième saison d’El Loco dans le royaume. Après avoir retrouvé des couleurs dans le jeu et l’attitude la saison passée, la régularité et une solidarité sans brèche sont venues s’ajouter sur la liste des vertus retrouvées au sein d’un club qui ne pouvait rêver mieux. LEEDS RETROUVE LA PREMIER LEAGUE. Les Peacocks peuvent être fiers de cette saison exceptionnelle (à bien des égards). Pour les amoureux de l’entraîneur argentin et de ses principes de jeu et de vie, c’est une aubaine. Oui, Marcelo Bielsa a aussi le droit au bonheur, après certaines désillusions. Le bonheur est éphémère certes, mais appréciable. Tâchons de saisir cette double fenêtre heureuse : Leeds, club mythique et nostalgique, de retour au plus haut niveau et Bielsa et ses joueurs récompensés.

Tout mettre en oeuvre pour permettre aux gens d’être heureux. Tout mettre en oeuvre pour raviver la flamme d’une ville, d’un club, d’une communauté. Tout mettre en oeuvre pour respecter au mieux le football, le jeu, les supporters. Tout mettre en oeuvre pour lui, elle, eux, pour les autres. Marcelo Bielsa méritait d’être heureux, avec la sensation du devoir accompli, ne serait-ce que pour quelques heures, avant de se plonger durant des semaines entières dans le visionnage de matches de Premier League pour analyser tous ses futurs adversaires…

Gracias Marcelo,

 

 

Bibliographie :

  • L’entraîneur idéal, Philippe Rodier, Hugo Sport.
  • Le mystère Bielsa, Romain Laplanche, Solar.
  • Marcelo El Loco unchained Bielsa, Thomas Goubin, Hugo Sport.

 

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