Clap de fin.

La nuit est tombée depuis longtemps déjà. Le coup de sifflet final également. Une équipe explose de joie, de bonheur et délivrance. L’autre est vide, abasourdie, assommée. Elles se sont tenues proches 90 minutes durant et tout d’un coup, d’un seul, la frontière entre les deux est devenue gigantesque. Le Grand Canyon du désespoir, la Vallée de l’exploit. Une finale, leur finale. On entend souvent dire que ce genre de match se joue sur des détails, et ce n’est pas une légende. Les légendes s’écrivent à l’issue, tragique ou magnifique, de ces oppositions pas comme les autres. La saveur particulière des coupes d’Europe laisse planer un parfum d’été dans nos esprits. Malheureusement, il faut un vainqueur, une équipe qui sort du lot, qui saura trouver les ingrédients nécessaires à tracer ce chemin de la victoire, qui mènera au sommet de cette compétition âprement disputée.

Séville, la belle Séville, l’andalouse dans sa robe blanche, gracieuse, joyeuse et délicate. L’Internazionale, la grande et revancharde Inter, séduisante, aguicheuse et prédatrice. Une affiche passionnante et un combat sans merci. Une partie d’échecs. Les pions sont placés, concentrés, décidés. La pugnacité sévillane face à la chaude froideur nerazzurra. La der d’Ever. Le grand Banega, ses pieds majestueux – et que dire de son cerveau – son élégance, sa facilité. Une certaine idée du romantisme, ma foi. Le duo Lukaku – Lautaro, cette entente phénoménale, fraternelle, complice à outrance. Certains gestes, certains sourires ne trompent pas. Jésus Navas, l’enfant du pays, 34 printemps, capitaine à plein temps. Alessandro Bastoni et Nicolo Barella, le futur, mais surtout le présent de cette Inter, l’insouciance et l’aisance en étendard. Julen Lopetegui, le revanchard, malgré lui, malgré tout, face à Antonio Conte le malicieux. Lucas Ocampos, souvent décrié par le passé, qui réalise une saison fabuleuse tout de blanc et de rouge vêtu. Il y aurait encore beaucoup à dire sur l’envers du décor, sur cette scène propice au plaisir d’un moment fort et partagé. L’issue est loin mais si proche.

Les deux équipes méritaient de remporter ce trophée, ce Graal, cette récompense. Mais les dieux du football ne peuvent élire qu’un élu. Le choix s’est ici porté sur un record historique, la continuité d’une idylle débutée en 2006 face aux anglais de Middlesbrough. Six finales, six victoires. L’Inter de Conte n’aura pas démérité, loin de là, mais n’aura su concrétiser les quelques miettes laissées en guise d’équité face à ce Séville béni et inspiré dans les moments clés. Dix ans après sa dernière finale européenne – face au Bayern à Madrid en 2010, avec sa grande sœur, la Ligue des Champions – l’Inter passe, provisoirement, à côté de son renouveau. Mais vous savez autant que moi, que nous, que ce renouveau ne s’est pas joué uniquement sur cette ultime partie d’une saison riche en enseignements. En terminant deuxième de Serie A et en atteignant, notamment, cette finale d’Europa League, le processus du retour de cette institution au plus haut niveau européen est bel et bien en marche. Aux hommes de Conte, aux dirigeants, aux supporters et à tout le peuple nerazzurro d’y croire, aussi fort que possible.

Nous garderons en délicats souvenirs ces images joyeuses des sévillans aux visages illuminés malgré la fatigue, aux larmes de Lopetegui et des siens, et de cette dégaine redoutablement attirante de désir d’Ever Banega.

Fin de ce joli chapitre. Place à l’introduction du prochain, avec encore beaucoup de mots, de pages et de chemin…

Crédit photo: Le Soir

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